L'Oeil du Xeul

"Nous vivons à une époque où le superflu est notre nécessité" O. Wilde

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Lieu : Paris, France

Alex Gaudin est Planneur Stratégique dans une agence de publicité. Après des études de sociologie sur les Sounds System Techno, part travailler en Afrique du Sud pendant un an, avant de revenir s'investir en France dans le domaine culturel, à travers l'organisation de concerts pour des artistes de jazz. Travaille également pendant dix ans au sein du Montreux Jazz Festival.

06 mars 2014

Lutter contre la mort pour ne pas mourir de faim



C’est un film au service d’Action contre la Faim, une ONG internationale qui depuis plusieurs décennies œuvre pour réduire les problèmes liés à la faim dans le monde.

Nous avons fait le choix de s’attaquer à plusieurs dérives propres à la communication humanitaire des ONG sur le sujet de la faim, qui finissent par desservir la cause :

  • Un problème de représentation publicitaire : L’usage abusif d’une grammaire créative principalement émotionnelle  et culpabilisante,  voire catastrophiste, qui finit par desservir la cause. 
  • Un problème de perception de la réalité : Plus d’un Français sur deux perçoit une dégradation de la situation, alors que des progrès sont faits dans le domaine de la lutte contre la faim dans le monde.
  • Une perception déformée de la réalité qui entraîne un sentiment de lassitude et de fatalité sur le sujet de la faim.
  • Un problème d’identification des acteurs : au final, des campagnes en forme de Collective de lutte qui peinent à créer de la distinction et de l’attribution au bénéfice de l’ONG qui prend la parole.

Voili voili.

23 septembre 2013

Toutes les pubs n'aident pas toujours les ONG

Solidarités International, ONG humanitaire, s’attaque à travers sa dernière campagne de pub – réalisée par BDDP&Fils (qui avait fait cette très belle campagne), au fantasme de l’humanitaire pour tous.
Fantasme qui consiste à penser que la simple bonne volonté et l’enthousiasme peuvent suffirent à soutenir de façon opérationnelle une organisation humanitaire.
Dans un contexte où les individus, étudiants, salariés ou pas, n’ont jamais été aussi nombreux à vouloir s’impliquer auprès d’une ONG. A titre d’exemple, une ONG comme Action contre la Faim reçoit plus de 30 000 candidatures par an.
L’un des films met donc en scène une jeune femme, portrait stéréotypé d’une certaine jeunesse, entre exaltation printanière et tics verbaux, qui explique face caméra sa motivation (avec force raccords de montage…) à partir sur le terrain. Mais regardez plutôt.


Le constat de départ est juste : la conduite de missions opérationnelles par des ONG nécessite des ressources et des expertises qui ont peu à voir avec l’amateurisme.
Mais je suis gêné par la traduction créative, qui à l’os, me semble plutôt exprimer le message suivant: t’es sympathique, enthousiaste et t’as envie de soutenir Solidarités, mais comme t’es juste pas bonne à grand-chose, contentes-toi de faire un don…
D’autant plus que la jeune femme mise en scène représente assez fidèlement en termes d’image les individus qui font de l’appel au don en faveur d’ONG dans les rues, via des entreprises spécialisées…

De deux choses l’une, soit il s’agit d’une campagne de collecte de dons et je ne suis pas certain que cette approche soit très valorisante pour les individus visés – à priori des jeunes ; soit il s’agit d’une campagne de recrutement de profils qualifiés et auquel cas, on a du mal à voir quels sont les profils recherchés.

Enfin, pour répondre à ces attentes citoyennes réelles d’engagement auprès d’associations, il existait peut-être d’autres façons de mettre en scène les différents modes d’action, de soutien et d’implication existants.

Une campagne comme Follow the frog, avait réussi il y a quelques années à éviter cet écueil, en mettant en scène de façon très drôle cette fameuse ambition et en évitant la posture légèrement condescendante ressentie ici.



Vous en pensez quoi ?

24 juin 2013

Les charmes du marketing par les nuls

Petit récit d'une expérience de marque comme disent les pubards.
Début juin, Autoescape, auquel je fais appel deux trois fois dans l'année pour louer une voiture, me propose de participer à un questionnaire en échange d'une remise de 5% sur la prochaine réservation de voiture.

Un peu foufou, je dis banco et réponds aux quelques questions posées et attend un retour de leur part (avant  la location estivale).
Le 17 juin, je reçois enfin une réponse de leur part et m'apprête donc à réserver un véhicule en ligne. Jusqu'à ce que je découvre que cette remise de 5% (qui représente environ 50€) est conditionnée à une option (qui comme son nom ne l'indique pas, est elle obligatoire).

En l’occurrence, la souscription d'une assurance Remboursement Franchise standard - 115€ ou premium - 206€. Alors même que le règlement d'un véhicule de location avec une carte bleue premier permet justement de bénéficier du même niveau d'assurance, sans avoir à prendre d'options chez le loueur.
En résumé, Autoescape m'a fait perdre mon temps pour me proposer une remise de 5% qui au final me coûterais 115€ supplémentaires pour pouvoir en bénéficier. Au point que même le conseiller téléphonique d'Autoescape en reste sans voix et me conseille de faire un mail...

06 mars 2013

CityzenCar, partageons nos voitures pour échanger nos livres



CityzenCar offre la possibilité de partager au sein d'un réseau de proximité l'usage d'un véhicule: le votre si celui-ci est le plus souvent à l'arrêt ou celui d'un autre si vous avez besoin d'un véhicule. Le tout pour un montant financier modeste. Bref, un exemple parmi d'autres de la tendance à dissocier possession et usage. Il m'est arrivé ponctuellement de rechercher un véhicule via CitizenCar.
Hier, je recois chez moi un courrier contenant le livre Vive la co-révolution, signé d'Anne-Sophie Novel et Stéphane Riot aux éditions Alternatives Manifestô. Un livre qui décrypte le phénomène de partage à travers la valorisation d'une société qui serait davantage tournée vers le partage que l'individualisme consumériste.
Et ce livre, c'est CityzenCar qui le fait parvenir à ses membres, pour "les remercier" de leur engagement. Avec une invitation, s'inscrire dans la mécanique du bookcrossing, pour à son tour partager avec autrui ce dont on a bénéficié. Une invitation à laisser l'ouvrage dans la prochaine voiture louée via CitizenCar pour en faire profiter son propriétaire...
Une action de communication maligne, au service de la promotion d'un modèle alternatif de développement, qui s'appuie sur un media propriétaire (si on considère qu'est média tout espace entre un annonceur et son public) et qui invite de façon ludique et participative ses membres à opérer à leur modeste niveau individuel un acte collaboratif.
Bravo à CitizenCar et Alternatives pour cette opération qui fait sens et évite l'écueil de la simple posture déclarative que l'on voit si souvent à l'oeuvre dans les déclarations de bonnes intentions d'un certain nombre d'entreprises.

06 février 2013

De la connection au partage

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Vu sur http://latdsurvey.net/pdf/Sharing.pdf
Si les technologies permettent aux individus une meilleure interconnexion, l’étape logique suivante semble être le partage.
Après le partage de contenus, vient le temps du partage physique, d’objets, de services.
Une étude récente montre ainsi qu’à l’avenir, le partage d’objets ou d’espaces entre individus devrait fortement augmenter dans les années à venir.
Dans un environnement économique dégradé et une sensibilité accrue aux problématiques de développement durable, il semble ainsi que l’usage se dissocie de plus en plus de la possession. On ne peut que s’en féliciter.

04 février 2013

How to change cars forever. Vraiment ?


90 secondes pour montrer comment Dodge change les voitures à jamais ?
C'est le défi relevé par W+K Portland, avec le brio qu'on lui connaît.
Efficacité de la trame narrative, richesse des matériaux, qualité du montage, jusqu'au choix musical du No Church in the Wild (certes consensuel). Sans oublier le clin d'oeil au brand endorsement.
Par déformation (ou fantasme) professionnelle, on peut voir la mise en scène d'ingénieurs se consacrant corps et âme à leur travail de conception d'une nouvelle voiture, comme le reflet du talent déployé par W+K et ses équipes pour réaliser et produire (au sens craft) ce film !
Sur le fond. Le message, hymne à la tout puissance technologique, est un curieux syncrétisme de foi en le progrès technique et de réhabilitation du savoir manuel, le savoir du geste.
Le tout résonne comme un hommage à l'esprit entrepreneurial: essayer, échouer, recommencer, bref travailler dur, mais aussi savoir défier les obstacles, des contrôleurs de coût entre autres.
Un film qui aurait pu être vendu comme la suite de l'histoire de l'automobile: John Ford la créa, Dodge la change à jamais.
Le seul hic, finalement, et une plongée dans le passé le rappelle de façon narquoise: cette belle pub du XXIeme siècle n'est finalement que le pendant de sa lointaine descendante de 1964.
Oui, les innovations et le degré de savoir-faire de W+K subliment la forme, mais au service d'un message qui ne préfigure pas vraiment ce que peut être l'avenir de la bagnole.
Dans un monde caractérisé par un modèle de développement qui atteint ses limites un peu plus chaque jour, va-t'on vraiment changer les voitures à jamais en se contentant d'ajouter une appli et booster le moteur ?











11 janvier 2013

Hommage à Funky Claude


Le lutin du Picotin est finalement parti ce jeudi 10 janvier, rejoindre un paradis qui souhaitons-le, ressemble conformément à son souhait, au film Hellzapoppin.
Capitaine du Montreux Jazz festival depuis sa création en 1967,  Claude Nobs a porté un rêve d’éclectisme musical qui sut rassembler la fine fleur des musiciens de la deuxième partie du 20e siècle.
Les souvenirs reviennent, du plus récent au plus lointain.
Cet été encore, alors que j’essayais de faire découvrir à ma petite famille les charmes pédestres des alpages, je croisais Claude pas loin du Picotin, dans sa vénérable Saab 900 jaune canari, arborant comme il les aimait tant, une chemise Missoni. Pince sans rire, il remarqua l’agrandissement de ma famille et chacun repris son chemin.
J’ai découvert le Festival de Montreux en 1985, à l’âge de 15 ans, à l’occasion d’un concert de Keith Jarrett en trio au Casino. Le jazz n’était pas encore une passion et je fus surtout frappé par le retard du concert suite à des problèmes de piano (l’exigence de Jarrett en la matière est à la hauteur de son implication musicale).
Le second souvenir musical de Montreux fut un concert de George Clinton, toujours au Casino, qui débuta à 01H00 du matin et dut finir vers  04H00. Au-delà de la musique, je fus bluffé par l’efficacité des techniciens qui transformaient la scène d’une configuration à l’autre, dans un ballet bien réglé.
Ce fut un déclic, il fallait que je découvre les coulisses de cette machine à rêves !
En 1993, après plusieurs candidatures infructueuses, la réponse positive tombe : je fus chargé, au sein du staff, de placer les chaises pour les concerts au Miles Davis Hall… Le festival venait alors de quitter le Casino pour déménager le Centre des Congrès, un vaste bâtiment de sept niveaux qui accueille trois salles.
Un peu dépité, je tombe sur un responsable à qui j’explique que j’aimerais m’investir un peu autrement qu’en plaçant des chaises ! Régisseur de scène, celui-ci me propose alors de m’occuper de l’installation des lumières du Montreux Jazz Café, qui accueille les jams d’after-show. Je n’y connais rien mais accepte bien évidemment.
Et c’est ainsi qu’année après année et jusqu’en 2000, chaque été, je rejoignais Montreux pour travailler au sein du Festival. Finissant par intégrer le sein de sein, l’équipe anglaise en charge de la scène principale du Stravinski Hall, en tant que stage crew.
Huit années source de tant d’émotions musicales et anecdotes de backstage, que je pourrais y consacrer un blog dédié !
Bref, Nobs est mort et pêle-mêle reviennent les souvenirs des fêtes de fin de festival au Picotin ; les archives regardés avec délice, affalé dans l’un des sièges d’avion de sa salle de cinéma ; les courses effrénées dans les coulisses pour apporter à Claude le bon harmonica à l’occasion d’une jam ; les histoires pas toujours flatteuses d’artistes - qu’il vaut mieux garder pour soi ; le concert de Paolo Conte à l’Olympia il y a une dizaine d’années, où ayant eu la chance de croiser Claude par hasard dans Paris, il m’avait invité.
Pour conclure, je m’efface devant les paroles de Quincy Jones "There are no words to express the deep sorrow and hollowness in my heart that comes with news of Claude Nobs' passing. Claude was a valued and trusted friend and brother to me for close to forty years, but he was a valued and trusted friend to jazz and the artists who create it for his entire lifetime. It would be that love and appreciation for our music and the musicians that created it that would lead him to take over the Montreux Jazz Festival, and build it into what I consider to be the Rolls Royce of music festivals.
There is a universal bond that exists between musicians, a short-hand that allows us to communicate with each other on a very unique and spiritual level no matter what the language or background, and Claude Nobs knew all the chords. He was such a devout fan of the music and knowledgeable about it, not to mention a great harmonica player in his own right, that he felt it on the same spiritual plane.
Sinatra once told Basie and me...'live everyday like it's your last and one day you'll be right'. Claude and I lived that to the max. I have a million great memories of spending time with Claude in Montreux at the festival, from co-producing it with him, to conducting Miles Davis’ last concert, to the amazing gatherings of musicians that he has hosted at his chalet, to most recently partnering with him to expand the festival's brand internationally; it will be difficult to imagine him not being there. Our decades long friendship was born of a mutual love of music and life, filled with endless hours of laughter and suitcases of Balik Salmon, and I will miss him like the brother that he was to me. If God created a better friend than Claude Nobs, he or she must have kept them for him/herself." - Quincy Jones, January 10, 2013

20 décembre 2012

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Le blog me manque. Ou plutôt écrire de façon régulière et si possible un tant soit peu réfléchi. A croire que PowerPoint n'est pas le meilleur réceptacle au quotidien pour cela...
Alors quoi de neuf, entre crise économique systémique, structurelle et définitivement pas conjoncturelle comme aiment à nous le faire croire les esthètes du libéralisme qui n'y voient que nécessaires phases de régulation qui, que voulez-vous mon brave monsieur, ne vont pas sans anicroches ni frictions. Bref, la crise, depuis 2008, rôde et s’engouffre dans les failles crées par l’incapacité des politiques à remettre l’économique à sa place, un moyen et non une fin. Failles attisées par l’esprit de lucre qui transforme aux yeux des opérateurs financiers les malheurs des peuples en opportunités sonnantes et trébuchantes. Jusqu’à quand ?
Bref, ce n’est pas le sujet du jour.
Je voulais revenir sur la sortie du nouveau Kindle d’Amazon et plus précisément sur sa fonction X-Ray. Le principe est le suivant : le texte est scanné et tous les mots/concepts jugés intéressants (par qui ?) se voient assigner des liens hypertextes (et plus tard des pubs contextuelles ?). Nicholas Carr y voit la fonction de trop, qui fait office de cheval de Troie : l’irruption de la distraction dans le processus de lecture. Le livre physique offre ceci d’unique, qu’il mobilise (si le livre est bon…) toute l’attention du lecteur, et derrière son attention son imagination. Dans un monde (de riches, les pauvres n’ont pas ce genre de problème) où l’attention est devenue une denrée rare, où savoir se concentrer est vu comme une manifestation martienne, où  le multitâche semble être le nec plus ultra de l’efficacité, la lecture d’un support physique qui demande concentration et endurance semble devenir l’apanage  de ceux qui savent encore que distraction veut avant tout dire, détourner de l’essentiel. En route vers la webification de la littérature !  
Quoi d’autre ? Ah oui, un intéressant article qui revient sur la mort de Steve Jobs. Après le déluge planétaire, aussi massif que rapidement éteint, de témoignages émus louant St Jobs, The Economist y voit plutôt autre chose. Et si la mort de Steve Jobs, ou plutôt le désarroi qui a suivi, était l’illustration de la fin d’un certain mythe américain ? La dégradation de la note américaine, la situation économique et sociale qui ne va pas en s’améliorant, la fin d’une certaine aventure spatiale et maintenant la mort de Steve. Va-t’on passer d’un “Designed by Apple in California, Assembled in China” à un “Designed in China, Assembled in USA”?
Ed Cotton, talentueux planneur strat chez BSSP, revient lui sur le mouvement des OWS. Là où les grands networks TV réacs y voient une bande de jeunes désorganisés, sans leaders ni revendications claires, Cotton se déplace sur place (Hello planeurs, les réponses à vos problèmes de com sont tout autant dans la vraie vie que dans les études), y découvre un mouvement structuré, avec des salles de presse, des librairies, une organisation logistique, des médias. Les générations s’y croisent et découvrent des revendications communes. Bref, tout le contraire de ceux que les bien-pensants assimilent à une crise d’ados.
Voilà pour aujourd'hui. Je crois que je vais revenir plus souvent sur ce blog, suffisament laissé en jachère, la terre est à nouveau fertile et les sujets ne manquent pas!


13 octobre 2012

L'argent créateur de lien ?


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Vu dans Le Monde du 10 octobre.

Alors que le Times de Londres a fait le choix du tout payant sur Internet, Gurtej Sandhu, directeur de Times Digital, revient sur l’un des grands enseignements de ce choix : « les commentaires sont moins nombreux, ils ne sont plus anonymes, ils sont plus intéressants. Les auteurs des articles y répondent volontiers ».
Autrement dit, le fait de payer pour accéder à un contenu permet d’établir une relation plus étroite entre journalistes et lecteurs.
A l’heure où le tout  - faussement – gratuit semble tout puissant sur Internet, il est intéressant de constater que le modèle payant peut être un vecteur de consolidation d’une communauté online.

18 octobre 2010

Changement de crémerie

Pour les amateurs, suite des aventures ici: http://lexeul.posterous.com/

15 septembre 2010

Bonjour, c'est pour quoi ?




Pour Clay Shirky, « media is the connective tissue of society ».

Sans revenir sur les bouleversements induits par les TIC (plus besoin de parler de Nouvelles…) dans les media, on peut néanmoins relever un phénomène essentiel : Internet a aboli la frontière existant entre média « privés » - tout ce qui relevait de la communication interpersonnelle et propre à la sphère privée : courrier, téléphone, et média « publics » – tout ce qui relevait d’une expertise professionnelle et propre à la sphère publique : presse, cinéma, radio, télévision.

D’un point de vue marketing, les choses étaient alors simples : un annonceur achetait une audience relevant d’un média public et faisait passer son message.

Aujourd’hui, c’est plus compliqué : l’abolition de la frontière entre média privés et publics consécutive à la facilité d’accès aux outils de production de contenus, a changé les règles du jeu.

Au risque d’enfoncer des portes ouvertes, il est quand même bon de rappeler que la publicité est une interruption. Si celle-ci n’est pas synonyme de valeur pour l’individu, alors votre pub rejoindra les 99% de pub qui n’ont aucun intérêt et aura pour seul effet de déranger l’individu.

Autrement dit, les audiences ne s’achètent plus mais se gagnent. Il faut donc aller là où se trouvent les nouvelles audiences, en ligne.

La grande mode étant à la relation, l’échange avec les consommateurs, les marques lorgnent avec intérêt ces nouveaux espaces médiatiques que sont les réseaux sociaux.

Mais pour y faire quoi ? Pour les individus qui y passent un temps certain, ces espaces incarnent le paradoxe (pas toujours perçu…) d’offrir un contenu qui relève plutôt des anciens médias privés – communications interpersonnelles, dans un contenant technique qui l’apparente à un média public.

Cette confusion contenu privé-contenant public rend délicat l’exercice des marques.

Imaginez-vous en train de discuter tranquillement entre amis chez vous quand quelqu’un sonne à la porte. Vous vous levez, ouvrez et un individu essaye de vous vendre quelque chose. Il vous a donc interrompu dans votre activité, a utilisé une partie de votre attention (capital non extensible à l’infini) et sa proposition a peu de valeur ? Mauvais point pour la marque. En revanche, il vous a interrompu mais vous propose quelque chose d’intéressant ? Bon point pour la marque.

En ligne, cela fonctionne exactement pareil. Madame la marque, vous m’interrompez dans mon activité et essayez d’attirer mon attention. Eh bien, essayez de réfléchir à la valeur ajoutée que vous souhaitez m’apporter. Et s’il n’y en a pas, allez au diable !

26 août 2010

Toujours pas marre ?













Petit papier en passant pour exposer ou réagir à deux trois choses vues.

Le Libé du jour livre un papier sur le personal branding, mis en oeuvre par de jeunes aspirants journalistes pour essayer de se faire un nom.
Un exercice qui tourne parfois à l'auto-starification et qui ne saurait donc être vu comme un gage de crédibilité ou d'intérêt journalistique.
Certes, les grandes signatures de presse n'ont pas attendu le web pour exister.
Mais le personal branding ne semble pas encore être synonyme de compétence journalistique.
Pour rappel, depuis sa création les articles de The Economist - l'un des rares journaux dont la réussite économique et la rigueur journalistique sont reconnus - ne sont pas signés...

Pour rester dans le journalisme, Tom Scott a justement eu la bonne idée de proposer des étiquettes d'alerte (téléchargeables en pdf) sur la probité des articles de presse. C'est vrai ça, y'a pas que les disques de rap dont le contenu peut prêter à risques!

Pour les amateurs, je ne peux que vous encourager à aller voir Chick Corea, Roy Haynes et Miroslav Vitous le 2 septembre prochain à Jazz à la Villette, ou Shepp le 7 ou Gil Scott le 8 ou les trois à la fois !

Et sinon, toujours pas marre d'avoir la droite la plus bête du monde ?

Pour finir, ces étonnantes bulles à voir en HD, tant bien même il s'agirait d'une pub.

21 juillet 2010

Bouygues pris les mains dans le pot de Nutella ?



Il y a environ un an, je grattais un papier, intitulé Le crime paye, sur les partenariats public privé qui étaient alors présentés comme une approche économiquement performante, et plus particulièrement sur leur mise en œuvre dans le domaine pénitentiaire, à travers un appel d'offre gagné alors par Bouygues pour construire trois prisons et assurer une lucrative concession d'entretien de 27 ans...
De façon quelque peu prémonitoire, il semblerait qu'effectivement le crime paye.
La Cour des Comptes vient ainsi de rendre un rapport qui pointe du doigt les dérives de la gestion privée des prisons.
Au menu, dérive du coût de la gestion déléguée, forte progression des loyers versés par l'administration pénitentiaire aux prestataires privés entraînant une restriction des investissements dans les autres établissements et donc le risque d'une prison à deux vitesses...
La Cour estime aussi que l'organisation du travail pénitentiaire par les prestataires privés se révèle également déficiente, ou encore que l'heure de formation professionnelle facturée en gestion déléguée est 2.5 fois plus élevée qu'en gestion publique... C'est marrant, ça rappelle vaguement les dérives entrainées par la privatisation du marché des chômeurs au bénéfice d'acteurs privés.
Et enfin, cerise sur le gâteau, les prestataires privés ont une fâcheuse tendance à surfacturer les produits proposés aux détenus, afin de dégager de confortables marges. La Cour, qui sait toujours dire les choses avec délicatesse, estime ainsi que "le prix le plus élevé est le plus généralement recensé dans un établissement en gestion déléguée [...] et que les marges pratiquées sur certains produits mettent en évidence les gains - non chiffrés - réalisés par les délégataires sur l'activité cantine".

Bon ben voilà, c'était le petit papier d'avant les vacances.
Quant à ce blog, dont vous l'aurez aisément constaté, le rythme a fabuleusement chuté, il s'oriente sans doute vers une mise en retraite, après 5 années de blog.
Moins d'envie ou plutôt l'envie de gratter ailleurs, différemment ou sous d'autres formes.

26 mars 2010

Oreo nous roule-t-il dans les acides trans gras ?




















Oreo débarque en France avec un plan marketing musclé nous dit Les Echos de ce matin.
Le cœur de cible comme on dit, de ce débarquement sont les mères qui font les courses pour leurs enfants, autour du rituel du verre de lait moment de partage, blah blah blah
Bon, du lait y’en a pas dans le biscuit (ah si, du lactosérum) mais ce n’est pas grave…
Oreo est une marque très forte aux USA mais qui a du composer avec la vigilance des consommateurs quant aux ingrédients présents dans ce biscuit de 34 g dont 14g de sucre, 7g de graisse et 2g de graisse saturée…
A l’origine ce charmant petit biscuit contenait aux USA des acides trans gras, petite manipulation agro-industrielle qui accroit les risques cardio-vasculaires.
En 2005, face à la perspective d’un procès médiatique, Kraft la maison mère, a annoncé avoir « volontairement » supprimé la présence de ces fameux acides trans gras dans la composition du biscuit, sans en changer d’ailleurs le goût, aux dires des amateurs.
En France (et contrairement aux USA depuis 2008), on se demande bien pourquoi, la loi n’impose pas pour l’instant de mentionner la présence de ces acides dans la composition d’un produit. Il faut chercher la douce appellation « d’huile ou graisse partiellement hydrogénée » pour identifier leur présence au sein d’un aliment.
La grande question est donc la suivante : est-ce que la version française d’Oreo contient ou non des acides trans gras ?
Et c’est con, le dossier de presse de la marque ne nous donne pas d’infos nutritionnelles sur le produit.
Par contre, une fiche produit proposée par le Club Restauration - fournisseur des professionnels de la restauration - (avec grosse mise en avant d’Oreo sur la page d’accueil de leur site), indique que pour 100g de produit, il y a 11g d’acides gras saturés (ou acides trans gras).
Que nous dit Burson- Marsteller sur le sujet ?

15 février 2010

Food

12 février 2010

Sunny song for shiny day !



08 février 2010

Faux amis



William Deresiewicz nous livre dans The Chronicle un long mais passionnant article sur ce que révèle le succès de Facebook de l'évolution de la notion d’amitié.

Et en effet, alors qu’une récente étude menée par Robin Dunbar démontre que le cerveau humain n’est pas capable de gérer un réseau de plus de 150 amis, il est intéressant de mettre en perspective le succès de Facebook au regard de l’évolution historique de la notion d’amitié.

Il fut un temps où l’amitié se méritait.

Dans un monde ancien régi par des relations de pouvoir et de domination, la notion même d’amitié n’allait pas de soi.

L’amitié était alors un bien précieux, rare, qu’il fallait conquérir.

Avec le temps, et la « fraternité » de la Révolution Française en témoigne, l’amitié est devenue un élément structurant de la société.

A société moderne, rapports sociaux modernes.

Egalité, individualité, liberté de choix, libre expression, tous ces termes qui peuvent apparaître parfois comme des poncifs, s’appliquent désormais à la relation d’amitié.

Bienvenue dans un monde où on peut devenir ami de qui on veut.

Du coup, le sens profond de l’amitié a bien évidemment évolué. Essayez de trouver des amis sur FB pour donner un coup de main au déménagement, vous verrez ce n’est pas simple…

L’ami est devenu une notion floue, marchande, médiatisée.

Alors qu’on pouvait attendre de l’ami des remarques, des critiques ou des encouragements, l’ami idéal est devenu plus lisse, plus fun, sans risque de problèmes. Eh oui, nous sommes tous très occupés, alors si en plus il faut se taper les problèmes des amis…

Que se cache-t-il derrière le succès de sites comme Copains d’Avant, si ce n’est la quête nostalgique d’un temps révolu, d’une certaine jeunesse ? Comme si retrouver ses copains – perdus – d’enfance valait filtre d’éternelle jeunesse.

Et FB dans tout ça ? Ce fameux réseau social dont la promesse centrale est d’offrir à chacun la vision de votre cercle élargi d’amis.

Une sorte de dispositif panoptique où l’internaute, d’un seul coup d’œil, embrasse la largeur, profondeur, richesse de votre « réseau d’amis ».

Des amis qui se réduisent alors à quelques commentaires laissés, une sorte d’ersatz d’ami.

Derrière le succès de FB, William Deresiewicz y voit l’illusion de croire qu’une liste d’amis fait groupe, offrant ainsi une proximité émotionnelle.

Et c’est cette émotion qui se substitue à la relation amicale. J’avais gratté il y a quelque temps un papier sur la bonne vieille règle qui veut que plus on communique moins on a d’amis. Cela semble toujours aussi vrai.

L’amitié se réduit ainsi à une sensation, une connexion. Connexion Haut Débit, forcément indispensable quand l’enjeu n’est plus tant de converser que de broadcaster ses sentiments.

L’intime devient alors extime, on ne s’adresse plus à des individus mais à une foule, dans une sorte de tentative désespérée de se rappeler que l’on a des amis. Et bien que la foule soit plutôt du genre solitaire, comme l’a bien analysé David Riesman.

Dès lors, les relations entre amis relèvent davantage de l’échange d’information que de l’expérience humaine.

Et William Deresiewicz de conclure : « We have given our hearts to machines, and now we are turning into machines.”

D’ailleurs en y pensant, mes amis, qui se comptent sur les deux mains, ne sont pas sur FB.

Eh bien voilà, ce papier fête en quelque sorte les cinq années d’existence de ce blog, qui ma foi, continuera – ou pas, sur un rythme plutôt aléatoire.

Musique!


22 janvier 2010

Pas la peine d'en rajouter...















Un des écueils récurrents de la sensibilisation aux drames humanitaires est le caractère abstrait des chiffres. Chaque jour, des milliers d'enfants meurent ainsi avant l'âge de cinq ans, bien souvent dans une indifférence polie.
L'association Save the children a lancé une campagne qui vise à surmonter ce frein, par une démarche simple et qui a le mérite de ne pas tomber dans le lacrymal sensationnel.
La campagne repose sur les interviews de parents qui reviennent sur la vie forcément trop courte de certains de leurs enfants, morts de maladies comme la malaria.
Voici l'un de ces témoignages. D'autres sont visibles ici.
Une démarche profondément humaine et sensible.

21 janvier 2010

Les vertus de l'imprécation




















"Or, si nos entreprises ont acquis au cours des vingt dernières années des muscles épais et solides, si leur capacité de production a formidablement progressé, leurs cerveaux, eux, sont restés petits. [...] Maintenant, le temps est venu de parler, de se parler, de vivre, risquons le terme, relativement heureux et détendus sur le lieu de travail".

Serait-ce le cabinet Technologia qui s'exprime ainsi sur la situation de France Telecom, ou alors un expert auto-proclamé à propos du fameux équilibre vie privée-vie professionnelle ?
Pas du tout, il s'agit d'un extrait de l'Imprécateur, Prix Fémina 1974, écrit par René-Victor Pilhes, ancien publicitaire (ce qui ne manque pas de charme rétrospectif, à la lecture du livre).
L'Imprécateur, c'est un roman de 350 pages qui s'avale avec gourmandise, autour de la thèse suivante: la course effrénée au profit au sein des grandes entreprises conduit à ravaler les valeurs humaines au rang de cale-porte.

Plein d'humour et de verve, Pilhes nous invite donc à la découverte de Rosserys & Mitchell, une grande entreprise internationale, qui se targue entre autres de faire valser les présidents en Amérique du Sud (le Chili par exemple...) ou d'influer sur les cours du pétrole.
Une vraie grosse entreprise où l'introspection et la remise en question ne font pas partie des qualités attendues du super management.

Un univers pétri de certitudes auquel s'attaque un mystérieux imprécateur, par la diffusion de pamphlets satiriques au sein du petit personnel.

La préface de l'édition chinoise de l'ouvrage présente ainsi l'Imprécateur: "L’Imprécateur raconte donc l’histoire d’un combat étrange entre des forces inconnues, mystérieuses, irrationnelles, occultes, et ce que le monde occidental a de mieux, de plus moderne, de plus exemplaire en cette fin de siècle, et qu’il présente comme tel : ses organisations technologiques, finançères, administratives, économiques, qui se déploient partout dans le monde. Dans la hiérarchie des valeurs et des exemples, les » managers « , les chefs de la » guerre économique mondiale » ont remplacé les instituteurs, les prêtres, les artistes, les militaires, les philosophes, les serviteurs de l’état."

Bref, un bouquin à découvrir et relire. Et pour les amateurs, un film (super galère à trouver...) a été tiré de l'ouvrage, réalisé par Jean Louis Bertucelli, avec Jean Yanne, Michel Piccoli, Jean- Pierre Marielle, Marlène Jobert, Jean-Claude Brialy...

22 décembre 2009

Bon, ben, joyeuses fêtes!!!

18 décembre 2009

Exit Strategy

















Les frasques réelles ou supposées - peu importe - de Tiger Woods entraînent chez ses généreux sponsors des attitudes diamétralement opposées.
Alors que Nike affirme vouloir continuer sa relation avec Woods, d'autres comme Accenture, essayent par tous les moyens possibles de gommer tout lien au golfeur, y compris sur la page d'accueil worldwide qui affiche désormais une photo cliché de la cohésion en entreprise, sous forme de patineurs...
Quant on sait que 83% des pubs publiées ces six dernières années par Accenture mettent en avant Tiger Woods, on s'interroge sur la pertinence de la démarche d'Accenture.
Et d'un, quoique que fasse la marque, Tiger Woods y restera fortement associé. Six ans de collaboration publicitaire intensive ne s'effacent pas d'un coup de menton, tant bien même que ce soit celui du PDG d'Accenture.
Et de deux, procéder de la sorte, c'est d'une certaine façon faire une croix sur 6 années d'investissements publicitaires conséquents.
Laissant ainsi la désagréable impression que ce qui a été construit en termes de territoire de marque n'est qu'un château de cartes qui joue le rôle de masque, changeable au premier désagrément venu.
Et de trois, en procédant de la sorte, Accenture donne l'impression de jouer le rôle du bon pote qui disparait au premier coup dur.
Au final, Accenture donne ainsi l'impression d'être un vrai partenaire en affaires, surtout quand les temps sont durs...
Qu'en pensez-vous ?

16 décembre 2009

L'abjection nationale













Décidément, la France a le gouvernement qu'elle mérite!
Le 22 septembre 2008 à l'Assemblée Nationale, tant Frédéric Lefebvre que Claude Goasguen, votaient en godillots serrés du bulbe, la prolongation de l'intervention des forces armées françaises en Afghanistan.
Le 15 décembre 2009, pour justifier une nouvelle vague d'expulsion, le même Lou Ravi de la connerie ose affirmer haut et fort qu'«alors que de nombreux pays du monde, dont la France, sont engagés en Afghanistan, qui pourrait comprendre que des afghans dans la force de l’âge n’assument pas leur devoir, et échappent à la formation que, notamment les forces françaises, leur proposent pour défendre leur propre liberté dans leur pays?».

On retrouve ici une pirouette lexicale chère à la pensée sarkozyste, qui consiste à recourir à la forme interrogative pour présenter ce qui ne va pas de soi comme une évidence.
En assimilant ces Afghans à ni plus ni moins que des déserteurs - car c'est ce qu'il faut comprendre entre les lignes, Lefebvre opère un raccourci abject.
Est déserteur un militaire qui refuse les ordres.

Or jusqu'à preuve du contraire, les Afghans qui parcourent des milliers de kilomètres dans des conditions que peu d'entre nous supporteraient, ne sont majoritairement pas des militaires, et encore moins des officiers.
Il faut aussi savoir que "la formation que, notamment les forces françaises, leur proposent pour défendre leur propre liberté dans leur pays", s'adresse principalement aux officiers Afghans dans le cadre de la mission EPIDOTE ou encore aux forces spéciales.
Faire ainsi un parallèle entre les soldats français engagés en Afghanistan et les Afghans qui fuient leur pays en guerre, est tout simplement intellectuellement tordu et humainement scandaleux.

Alors après ça, s'épancher sur la beauferie follement cool des jeunes UMP (qui au passager font un bras d'honneur à Hadopi) ou s'étonner non pas que Morano soit incapable de bien se faire comprendre, mais au contraire fort capable d'être mal comprise, relève davantage de la politesse du désespoir.
Ne reste plus comme le prophétise Francis Marmande, qu'à attendre la distribution de petits joints de cannabis à la menthe pour nos douleurs et espérer "changer le monde"!
Source photo: Boston Big Picture
Musique !






01 décembre 2009

Scoot Attitude ?



Les campagnes de sécurité routière sont typiquement des campagnes qui ont pour objectif de changer les comportements.
En France, depuis le début des années 2000, on note une évolution sensible des stratégies mises en œuvre.
On est en effet passé de campagnes de conseil, qui fleuraient bon la métaphore, à des campagnes plus dures, mettant en scène la réalité des conduites à risque et de leurs conséquences.
Suscitant des débats continus sur l'efficacité réelle de discours anxiogènes, voir culpabilisants, qui s'adressant à un public large, ne sont pas forcément réceptifs par les conducteurs "infractionnistes".
Alors faut-il s'inscrire dans des démarches positives de valorisation des bons comportements, ou alors jouer la carte de l'émotion lacrymale, ou encore choquer au risque de se déconnecter non pas de la réalité vécue, mais de la réalité perçue par les usages ? Le débat est ouvert.
Dans ce contexte, l'association Prévention Routière lance une nouvelle campagne de communication, réalisée par l'agence I&E, et qui s'adresse spécifiquement aux jeunes conducteurs de deux roues. Une population particulièrement exposée aux accidents de la route, puisque 59% des victimes d'accidents de la route, âgés de 14 à 17 ans, circulaient sur des scooters. Alors que seulement 12% de ces mêmes adolescents conduisent un deux roues.
Un âge où le sentiment d'impunité, mêlé à l'envie de bravoure et d'épate, incite à penser que l'accident de la route "n'arrive qu'aux autres".
La campagne repose sur un site web, média de prédilection de ces jeunes, qui propose sous forme de mosaïque visuelle, une sélection de courts témoignages vidéos.
Y apparaissent des jeunes victimes d'accidents, mais aussi de proches.
Sans pathos, surgissent ainsi des paroles qui invitent à réfléchir sur l'usage du deux roues et les conséquences bien souvent dramatiques qui naissent de comportements à risque.
Un site qui évite l'écueil de la culpabilisation et du moralisme, au profit du choc des témoignages et sans voyeurisme.
On aurait juste aimé que le site offre la possibilité de récupérer une vidéo pour la mettre sur un blog/site.
A découvrir.

20 novembre 2009

Quand la main justifie la fin




















Ah le beau débat ! Alors le foot, ce ne serait que ça : pas vu, pas pris ?
Face à face, deux camps s’affrontent : ligue de la vertu contre ligue du pragmatisme.
Et si le plus gênant n’était pas que la main d’Henry soit volontaire (ce qui laisse peu de doute au vu de l’action) mais plutôt ce qui se cache derrière ce vrai-faux débat sur le fair-play du football.
Car finalement, cette main, que nous dit-elle ?
Elle rappelle à chacun ce qu’est le football moderne, l’incarnation d’un modèle de management qui repose sur le culte de l’efficacité et du retour sur investissement.
Le footballeur moderne est un produit financier, qui offre les mêmes caractéristiques de mobilité et de volatilité.
Individualiste par essence, le footballeur moderne n’a pas d’états d’âme, ou alors si – comme le récent suicide d’un gardien allemand en témoigne – celui de la peur de perdre.
Et pour ne pas perdre un match - ou une part de marché si on préfère, tous les moyens sont bons.
C’est la morale de l’histoire, confirmée par notre président : « C'était dans la douleur mais l'essentiel est là : la France est qualifiée ».

19 novembre 2009

Créatif ou plagiat ?

Voici le visuel d'une récente campagne italienne de sensibilisation aux abus sexuels sur enfants



















Et voici une photo d'un travail réalisé par le photographe Philippe Toledano



Et si c'était ça la différence entre un créatif publicitaire et un artiste ?

16 novembre 2009

Le DD vu par un enfant de 4 ans.














Mon fils de 4 ans et demi vendredi soir devant Thalassa.
"Tu sais papa, ils ont dit à la TV, que le soleil il chauffe, il chauffe très très fort. Et la mer, elle va monter, monter, monter. Et après, la mer, elle avance, avance, avance. Et après, ils ont dit, la terre, elle est recouverte par la mer. Dis, c'est vrai papa ?".

13 novembre 2009

Hortefeux ou l’indignité nationale




















Ainsi l’ami Brice s’engage sur un pacte de « tranquillité nationale ». Et d’ajouter qu’ « il y aura autant de lois que de problèmes à régler » et qu’il « n’hésitera pas à porter plainte quand les forces de l’ordre sont accusées à tort ».
Le meilleur ami de trente ans du président, meilleure des recommandations possibles et faisant œuvre de certificat de compétence, semble au quotidien s’exercer dans un concours de cours de récré avec son ami Besson.
C’est à celui qui ira plus loin, plus vite, plus fort dans la bêtise, la démagogie poujadiste, la posture revancharde de celui qui prétend défendre les faibles et les opprimés.
Qu’est-ce donc que la « tranquillité nationale » ?
Hortefeux nous répond par l’ambition de garantir « une vie paisible et tranquille à tous les honnêtes gens, quels qu’ils soient et où qu’ils soient, dans nos quartiers et nos campagnes ».
Dormez tranquilles braves gens, l’ami de la vidéosurveillance érigée en panoptique socialement inefficace, sera à vos côtés pour prodiguer de la tranquillité au quotidien.
Tranquille comme à Montauban où il faut péniblement un mois à la police pour enfin se préoccuper d’interpeller les suspects crétins racistes et connus de tous, auteurs d’une bastonnade en règle.
Tranquille comme peuvent l’être ceux qui bénéficient d’une impunité de fait au quotidien, régulièrement dénoncée par Amnesty International.
Tranquille enfin comme l’ami Brice pour qui l’absence de port de cravate semble l’autoriser à régulièrement déraper verbalement, comme encore à Seignosse cet été.
Et si c’était l’intranquillité qui pouvait nous sauver, à l’instar du titre du livre de Fernando Pessoa, « le livre de l’intranquillité » ?
En voici un extrait : “Il chantait, d’une voix très douce, une chanson venue d’un pays lointain. La musique nous rendait familiers les mots inconnus. Cela évoquait le fado pour notre âme, mais ce chant ne lui ressemblait en rien.
La chanson disait, d’après ses phrases voilées et sa mélodie si humaine, des choses qui se trouvent dans l’âme de chacun de nous et que personne ne connaît. Il chantait dans une sorte de somnolence, ignorant du regard les auditeurs, perdu dans une petite extase de coin de rue.
Les gens attroupés l’écoutaient sans moquerie apparente. La chanson appartenait à tout le monde, et les mots quelquefois nous parlaient, secret oriental de quelque race perdue. On n’entendait rien des bruits de la ville, qu’on entendait pourtant, et les carrioles passaient si près que l’une d’elle frôla un pan de ma veste. Mais, si je la sentis, je ne l’entendis pas. Il y avait une intensité dans le chant de l’inconnu qui venait caresser ce qui rêve en nous, ou tente de rêver sans y parvenir. C’était un fait divers de la rue, et nous avons tous aperçu l’agent de police qui venait de tourner lentement au coin de la rue. Il s’est approché avec la même lenteur, et est demeuré immobile derrière le petit vendeur de parapluies, comme s’il apercevait quelque chose. A ce moment, le chanteur s’est arrêté. Personne n’a rien dit. Alors l’agent est intervenu.

06 novembre 2009

Une campagne qui ne manque pas de sel



L’Inpes a lancé début novembre une nouvelle campagne de communication qui vise à alerter les consommateurs sur le fait que de nombreux aliments, bien souvent transformés, contiennent du gras, du sucre ou du sel, sans que cela aille de soi. Des aliments salés contiennent plein de sucre et inversement, sans parler du gras qui se cache bien souvent dans l’allégé…

Une campagne qui répond à des enjeux de santé publique fondamentaux, puisque par exemple l’abus de sel développe de graves problèmes d’hypertension et donc des risques d’AVC.

A titre d’info, la quantité de sel nécessaire à une bonne santé est de l’ordre de 0.5g. par jour alors qu’un individu lambda vivant dans un pays industrialisé et dégustant donc de la nourriture elle aussi industrielle, consomme environ 10g par jour…

Du coup, une question tout conne se pose : mais pourquoi donc les industriels de l’agroalimentaire déversent-ils autant de sel dans leurs produits (fromage, céréales, biscuits, lait en poudre, boissons, chocolat…) ?

La réponse est simple, ce n’est qu’une affaire de gros sous. Le sel retient l’eau, et de ce fait permet d’augmenter sensiblement le poids des aliments (en gros, vous achetez une portion l’eau salée à la place du produit).

De plus, mais c’est un autre sujet, les grands groupes pharmaceutiques sont ravis de cette situation, les médicaments contre la tension étant un business juteux…

Et c’est là que l’histoire dans l’histoire commence.

Le Canard Enchaîné de cette semaine revient sur cette campagne en révélant que le SNPTV (syndicat national des régies publicitaires des chaînes TV) a adressé un courrier au Ministère de la Santé pour l’informer de l’intention des chaînes de télé de boycotter la diffusion des trois films. Relayant ainsi le point de vue des entreprises agroalimentaires et de leur lobby, l’Ania. Une démarche doublée d’une lettre du directeur général de l’alimentation au Ministère de l’Agriculture à l’intention de la directrice de l’Inpes, pour s’élever contre les spots jugés « anxiogènes, confusants et très attaquables sur le plan du respect de la concurrence, puisqu’ils jettent l’opprobre sur quelques produits : ketchup, céréales du petit déjeuner et barres chocolatées ».

Au final, l’opération de lobbying a échoué par crainte de fuites dans la presse. A ce jour, seul le Canard s’est donc fait l’écho de cette histoire.

Et nos grandes marques agroalimentaires de continuer d’invoquer la confiance des consommateurs dans leurs produits toujours plus sains.

Une histoire qui repose les limites du discours de la transparence et de la responsabilité des entreprises.

Qu’en pensez-vous ?

03 novembre 2009

Miles from India



Hier soir, j'étais invité par un ami à la Cité de la Musique pour assister à un concert donné dans le cadre de l'exposition (que je ne peux que vous inviter à aller voir) We Want Miles.
A l'entrée de la Cité, un chapeau caractéristique attira mon regard: c'était bien Marcus Miller.
Bassiste émérite quoique pas forcément celui qui me fait le plus frissonner, Marcus Miller s'illustra au début des années 80 sur quelques albums de Miles Davis, dont le fameux titre Jean Pierre sur l'album We want Miles.
Bref, un bassiste reconnu et sans doute l'un des plus connu du grand public (du moins amateur de jazz).
Seul, presque incognito, sans cour ni fan club, body guard ou attachée de presse affairée, voir l'inévitable bande de potes. Tous les attributs des fausses célébrités qui se rassurent de leur talent par l'importance de leur entourage.
Il se trouva qu'à l'intérieur de la salle, nous nous retrouvâmes assis un rang devant Miller, toujours seul et aussi cool que peut l'être un gars qui n'a plus grand chose à prouver.
La discussion s'engagea naturellement avec lui sur des souvenirs de concerts à Montreux et rapidement, on en vint à évoquer le concert de Jack DeJohnette, qui la veille avait réédité son hommage à Jack Johnson. La première chose qu'avait remarqué Miller était que le guitariste de DeJohnette jouait sur une guitare fretless à double manche. Et de conclure pour saluer la difficulté de l'exercice qu'habituellement "even the animals run away" à l'écoute d'un guitariste fretless!
Ne restait plus qu'à passer à l'exercice de l'autographe sur une vieille photo de Miller et le concert commença.
Une rythmique articulée autour de deux batteries dont Ndugu Chancler, vieux routier des années fusion jazz seventies et de Darryl Jones à la basse. Deux claviers dont l'un adepte de vieux Mini Moog. Nicholas Payton à la trompette ainsi qu'un saxophoniste indien. Et au centre, quatre musiciens indiens, flûte, mandoline, tabla, kanjira -petit tambourin à l'étendue sonore extraordinaire et mridangam (tambour en forme de tonneau).
Et situation amusante au final, se retrouver assis à côté de Marcus Miller et écouter le morceau Jean Pierre avec Darryl Jones à la basse!

15 octobre 2009

T'as pas un rein ?




















Donner. Difficile de donner en temps de crise, me direz-vous.
Et d'ailleurs les études l'attestent, du moins au Québec, et il n'y a pas de raison que les Français soient plus généreux que les Québécois.

Mais le don ne se réduit pas à des espèces trébuchantes ou du temps accordé bénévolement.
Non, le don peut venir de soi, du plus profond de soi, de soi-même.
C'est alors le don d'une partie de soi, qu'on soit encore soi-même ou déjà refroidi, qui permet à l'autre, à celui qui est dans le besoin, dans l'attente, dans l'urgence, d'espérer à son tour.
Espérer recevoir ce qui n'est pas ou plus vital pour l'autre, mais le devient pour soi.

Donner de soi pour que l'autre puisse redevenir ce qu'il était, un être humain, comme vous et moi.
Le 17 octobre, c'est la journée mondiale du don d'organes.
Alors, parlez-en.