L'Oeil du Xeul

"Nous vivons à une époque où le superflu est notre nécessité" O. Wilde

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Lieu : Paris, France

Alex Gaudin est Planneur Stratégique dans une agence de publicité. Après des études de sociologie sur les Sounds System Techno, part travailler en Afrique du Sud pendant un an, avant de revenir s'investir en France dans le domaine culturel, à travers l'organisation de concerts pour des artistes de jazz. Travaille également pendant dix ans au sein du Montreux Jazz Festival.

22 novembre 2007

Quel développement durable de la consommation ?












Dans un papier publié sur le blog de Nékid, Eric de Rugy pose la bonne question de savoir « comment concilier des objectifs commerciaux de plus en plus serrés à une ambition ‘verte’ forte ? ».
Le développement durable est devenu depuis quelques temps une espèce de potion magique à la Astérix. Plongez-y une stratégie de communication de marque et ressortez là affublée de tous les signes distinctifs de l’entreprise « responsable ».
Une sorte de solution miracle qui ne rend pas justice de la complexité de la situation.
Le programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) vient ainsi de rendre un rapport, baptisé GEO 4, qui dresse un tableau plutôt alarmant de la situation écologique de la planète. Dans la foulée a été édité par le GIEC (prix Nobel de la paix en 2007) un guide d’une vingtaine de pages à « l’usage des décideurs », histoire de bien leur signifier qu’ils ne pourront pas dire dans quelques années : nous ne savions pas…
Et comme les gens du PNUE sont du genre sérieux, ils ont poussé l’obligeance jusqu’à élaborer quatre grands scénarios prospectifs, imaginant les évolutions possibles d’ici à 2050, selon les politiques mises en place. Pour faire simple, je reprendrais ici la description de ces scénarios paru dans un article du Monde :

- Marché d'abord : "Le gouvernement aide le secteur privé à atteindre une croissance économique maximale."
- Politique d'abord : "Le gouvernement met en place des politiques fortes afin d'atteindre l'objectif tout en accordant toujours beaucoup d'importance au développement économique."
- Sécurité d'abord : l'accent est mis "sur la recherche de la sécurité, qui l'emporte sur d'autres valeurs, et place des limites croissantes sur la façon dont les gens vivent".
- Ecologie d'abord : cela "implique la collaboration entre le gouvernement, la société civile et le secteur privé pour améliorer l'environnement et le bien-être de tous".
Et pour ceux qui aiment remonter à la source de l’info, c’est ici, pages 400 et 401 du rapport global…
Sans surprise, c’est bien évidemment le scénario dit « écologique » qui atteint le mieux l’objectif de réduction de l’ampleur de la crise.
C’est là que j’en reviens aux entreprises. Jusqu’à quel point les entreprises doivent ou peuvent être des acteurs de poids dans ce combat qui nous concerne tous. Car comme le dit habilement C&A en Angleterre, il faut être sûr de son Plan A car il n’y a pas de plan B…
La sixième édition du baromètre sur la communication – corporate – d’entreprise, réalisée par l’UDA et CSA, nous dit que la tendance actuelle est de placer le développement durable au cœur des stratégies. Fort bien, mais pour dire quoi ?
Car dans le même temps, une autre étude, émanant elle du Centre français d’information sur les entreprises, et s’intéressant au contenu des rapports annuels des entreprises du CAC 40 et à leur obligation de rendre compte de la gestion sociale et environnementale de leurs activités, souligne que très peu d’information y est en réalité donnée sur les risques environnementaux et les stratégies de prévention mises en œuvre par ces mêmes entreprises.
Alors le développement durable, au cœur de quel type de stratégie, et pour quels objectifs ?
Et pour répondre à cette question, rien de mieux que de lire l’interview de Robert Reich dans Libé du 5 novembre dernier. Ancien secrétaire d’Etat à l’Emploi de Clinton, prof d’économie à Berkeley, Reich n’est a priori pas un fantaisiste. Et sans revenir à Friedman et à sa conception de la responsabilité sociale des entreprises, Reich n’y va pas par quatre chemins pour nous dire le fonds de sa pensée : « Les entreprises ne peuvent pas être responsables socialement et ne le seront pas. Elles prétendent l’être parce que c’est bon pour leur image. Mais l’idée qu’elles vont sacrifier des dividendes ou des bonnes affaires pour leurs clients, au nom d’un « bien public » abstrait, est abusive, voire dangereuse, car elle détourne le public de sa responsabilité d’établir les règles ». Et Reich en arrive ainsi au cœur du problème : « Si nous voulons réduire les inégalités, retrouver la stabilité de l’emploi et de meilleurs salaires, ainsi que combattre le réchauffement climatique, nous devons accepter de faire de moins bonnes affaires » !
On peut donc se poser deux grandes questions; dont la première de Reich.
1/ Est-ce aux entreprises d’être socialement responsables ou aux gouvernements de fixer les règles garantissant que la concurrence et la course aux profits ne nuisent pas aux intérêts de la société ?
2/ Quelles entreprises sont aujourd’hui prêtes à dire à leurs clients qu’il faut « accepter de faire de moins bonnes affaires » ?

1 commentaires:

Anonymous Thomas Lapergue a dit...

Bonjour Alex,

Nous pourrions poser comme hypothese que les entreprises n'ont qu'une finalité économique.

Leur but est de dégager du profit face à des frais de fonctionnement.

Cette vision de l'entreprise n'est pas discriminante. Ne demandons pas à l'entreprise d'être autre chose q'une machine à réaliser des projets.

La question : comment intégrer une visée sociale dans les objectifs de l'entreprise trouve alors des éléments de réponses :

- le gouvernement (qui a d'autres buts que l'intéret économique seul) fixe des régles de bonnes conduites pour l'entreprise. Puis se sert de la machine à fabriquer du profit qu'est l'entreprise pour en dégager une part à des buts sociaux (autrement dit : l'impot :)

- Le public : acceptera t'il de payer plus cher ses produits / services ? pas certain.
Mais il peut influencer l'entreprise (par ses choix en matière de consommation) dans la répartition des ses budgets.
Ainsi, certains budgets de communication pourraient être utiliser à une commnication responsable et non à de la simple promo.
L'objectif d'une communication responsable est d'être (entre autre) économiquement viable.

Au plaisir d'en discuter avec toi autour d'un dej :) contacte moi

Thomas / www.ledjam.com

4:07 PM  

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