L'Oeil du Xeul

"Nous vivons à une époque où le superflu est notre nécessité" O. Wilde

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Lieu : Paris, France

Alex Gaudin est Planneur Stratégique dans une agence de publicité. Après des études de sociologie sur les Sounds System Techno, part travailler en Afrique du Sud pendant un an, avant de revenir s'investir en France dans le domaine culturel, à travers l'organisation de concerts pour des artistes de jazz. Travaille également pendant dix ans au sein du Montreux Jazz Festival.

29 mai 2007

Une poupée qui vous veut du bien ?






















Alors que le mois de Mai a été particulièrement meurtrier pour les soldats américains engagés dans la guerre Irakienne, avec 103 morts à ce jour, une initiative trouvée sur le Net qui me laisse un désagréable sentiment de malaise.
Partant du constat que les soldats sur le terrain laissent bien souvent à la maison femme et enfants, des mères de familles ont eu l’idée de confectionner des poupées de tissu à l’effigie du papa au front, pour servir de « doudou » aux enfants.
Pour la somme de 25$, il est donc possible de faire réaliser en ligne une DaddyDoll, une poupée en tissu imprimée avec une photo du papa.
En soi, une idée plutôt bonne mais ce que je trouve assez gênant est la représentation quasi systématique de ces DaddyDolls en tenue militaire. Ou plutôt, que toutes les photos imprimées représentent des hommes en uniformes.
L’irruption de la guerre dans l’univers de ces enfants n’est pas un fait nouveau, puisqu’ils sont conscients –ou pas d’ailleurs, que leurs papas sont à la guerre.
Et par ailleurs, de nombreux enfants de par le monde sont des témoins directs ou indirects des atrocités de la guerre.
Non, ce qui me dérange, c’est cette intrusion de l’iconographie militaire dans le champ mental et imaginaire des enfants. Une espèce de viol symbolique de l’univers mental de ces enfants.
Avoir un doudou qui reprend les traits de son papa absent, très bien, mais la vue de ces centaines de photos d’enfants serrant des uniformes paternels à quelque chose d’assez glaçant.
Vous en pensez quoi ?

3 commentaires:

Anonymous sarah a dit...

Au secours...

12:18 PM  
Anonymous marcel a dit...

Bonjour,
Apparemment, tu as le choix de la photo à imprimer.
Exemple sur http://daddydolls.com/images/gallery/tasha.jpg, la petite fille tient la poupée de sa maman ou grande soeur en 'civil'.

Le problème aux USA reste cet engagement national permanent, et un soutien indéfectible aux troupes libératrices sans qui notre monde ne serait qu'un horrible purgatoire, quoiqu'en disent les associations d'anciens combattants pour la paix, qui comme leur nom l'indique, sont d'anciens combattants, engagés, et dont on se rappelle la fierté de partir au combat et leur mépris des 'va-t-en-paix' de la première heure.

C'est donc à priori le choix des parents restants si la photo de Daddy ou Mummy sur la poupée ressemble au cliché du héros libérateur, alors pourquoi en uniforme ?

Si l'image du héros américain est devenu un GI, on le doit d'une part à la politique interventionniste de l'armée américaine, qui ne date pas d'hier, et d'autre part à la pauvreté intellectuelle de leurs milliers de chaines de télévision, qui, au quotidien assomment les américains de faits divers ou de guerre et de séries violentes où le but de la police ou de l'armée est d'arrêter les méchants. Il ne faut quand même pas sortir de la cuisse de Jupiter pour comprendre que lorsqu'on part à la guerre, on a de fortes chances de perdre un bras, une jambe, voire d'exploser en vol !

'L’iconographie militaire dans le champ mental et imaginaire des enfants' ne date pas d'hier. Tous les jeunes garçons ou presque jouent à la guerre. J'ai un fils de 3 ans qui un jour m'a pointé avec un pistolet en plastique, en poussant des pchhhhhh pchhhhhh et ce n'était pas à la maison qu'il avait appris ce truc ! J'ai beau lui expliquer que je n'aime pas ces jouets là, il me faudra encore attendre qu'il puisse comprendre qu'un pistolet en plastique, même s'il n'est que la représentation d'un objet qui tue, reste un outil de propagande du meurtre, et que c'est un jeu dangereux !

[Pour mémoire, 'Le Jour le Plus long', de Ken Annakin, sorti en 1962, il y a déjà 35 ans, apologie de l'héroïsme libérateur réunissait une pleïade d'acteurs tels que Paul Anka, Arletty, Jean-Louis Barrault, Bourvil, Richard Burton, Red Buttons, Pauline Carton, Sean Connery, Henry Fonda, Paul Hartmann, Curd Jürgens, Fernand Ledoux, Robert Mitchum, Rod Steiger, Robert Wagner, Georges Wilson, Daniel Gélin, John Crawford ou encore l'inévitable icône du héros américain John Wayne ! Réunissant des acteurs allemands, américains et français, idolâtrés dans leurs pays respectifs, ce film cartonne encore chaque année en France à la télé car le GI fut en Europe un libérateur ! Pour mémoire, je ne devait pas avoir 10 ans la première fois que je l'ai vu !
Je sais que c'est un peu confus, mais tant pis faut qu'ça sorte !
A +

12:12 PM  
Anonymous marcel a dit...

(45 ans et non 35 ans < 2007-1962 = 45)

1:05 PM  

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